Andropause et ménopause : quelles différences ?

Andropause et ménopause : quelles différences chez l’homme et la femme ?

 

« J’ai lu que vous faisiez une bande dessinée sur l’andropause. Quelles différences avec la ménopause ?
Je crois que mon mari est concerné.
»

La comparaison entre ménopause et andropause revient régulièrement. Pourtant, même si ces deux phénomènes peuvent provoquer certains symptômes communs, ils ne correspondent pas au même processus biologique.

Je travaille actuellement à la réalisation d’un roman graphique consacré à l’andropause et je recherche toujours des témoignages. Ce projet est justement né d’une envie de mieux faire connaître un sujet dont on parle encore peu.

Alors, qu’appelle-t-on réellement « andropause » ? Est-ce vraiment l’équivalent masculin de la ménopause ? Et comment savoir si votre conjoint est concerné ?

Ménopause et andropause : deux phénomènes différents

La première différence est importante.

Chez la femme, la ménopause correspond à une étape physiologique au cours de laquelle les ovaires cessent progressivement leur activité hormonale. La production d’œstrogènes diminue fortement et les règles finissent par s’arrêter.

La ménopause survient généralement entre 45 et 55 ans, même si l’âge et l’intensité des symptômes varient d’une femme à l’autre.
Elle concerne toutes les femmes qui atteignent cette étape de leur vie.

Chez l’homme, le phénomène est très différent.
La production de testostérone peut diminuer progressivement avec l’âge, mais cette évolution ne correspond pas à un arrêt brutal de la production hormonale. Surtout, tous les hommes ne développent pas un déficit en testostérone responsable de symptômes.

C’est pour cette raison que le terme « andropause » peut être trompeur.

Qu’est-ce que l’andropause exactement ?

Le terme « andropause » est largement utilisé dans le langage courant pour désigner les changements liés à une diminution de la testostérone chez l’homme vieillissant.

Cependant, contrairement à la ménopause, il ne s’agit pas d’une étape systématique de la vie masculine. On parle plutôt, en médecine, de déficit en testostérone, ou d’hypogonadisme lorsqu’il existe un ensemble de symptômes compatibles associé à des taux de testostérone anormalement bas.
La diminution de la testostérone liée à l’âge est progressive. Elle peut commencer à apparaître dès l’âge adulte, mais son évolution varie considérablement d’un homme à l’autre.

L’âge n’est donc pas suffisant pour poser un diagnostic.

Quels sont les symptômes d’un déficit en testostérone ?

Les manifestations peuvent être très diverses. Certains hommes constatent une diminution de la libido ou des modifications de leur sexualité. D’autres ressentent davantage de fatigue, une baisse de leur énergie ou de leurs capacités physiques. Des changements de l’humeur, une diminution de la force musculaire ou des difficultés érectiles peuvent également être observés.

Mais attention : aucun de ces symptômes n’est spécifique d’un déficit en testostérone.

Une fatigue persistante peut avoir de nombreuses causes. Il en va de même pour une baisse du désir, des troubles de l’érection ou des changements de l’humeur. Le stress, le manque de sommeil, certains médicaments, des problèmes de santé, une dépression ou encore des difficultés relationnelles peuvent produire des symptômes similaires.

C’est pourquoi il ne suffit pas de se reconnaître dans une liste de symptômes pour conclure à une andropause.

Comment savoir si mon mari est concerné ?

Votre mari peut commencer par observer ce qui a changé.

A-t-il remarqué une diminution inhabituelle de son désir ? Se sent-il plus fatigué qu’avant ? A-t-il constaté une baisse de sa force ou de son endurance ? Ses érections ont-elles changé ?

Il existe également un questionnaire connu sous le nom d’ADAM, pour Androgen Deficiency in the Aging Male.

Cet outil recherche plusieurs symptômes pouvant être associés à un déficit androgénique. Il peut notamment s’intéresser à la libido, à l’énergie, à la force musculaire, à l’humeur ou aux érections.

Mais il faut bien comprendre son rôle : l’ADAM est un outil de dépistage, pas un diagnostic. Un résultat positif ne signifie donc pas que votre mari souffre d’un déficit en testostérone.

Peut-on faire un autotest pour diagnostiquer l’andropause ?

Non, c’est une distinction essentielle.

Un questionnaire comme l’ADAM peut aider à identifier des symptômes qui méritent d’être explorés. En revanche, il ne permet pas à lui seul de diagnostiquer une andropause ou un déficit en testostérone. Si plusieurs symptômes sont présents, la bonne démarche consiste à en parler à un médecin.

Le diagnostic repose sur l’ensemble du tableau clinique et, lorsque cela est indiqué, sur des dosages sanguins de la testostérone, réalisés dans des conditions appropriées. D’autres examens peuvent également être nécessaires afin de rechercher la cause des symptômes.

Il ne s’agit donc pas de traiter automatiquement un chiffre de laboratoire.

Pourquoi la libido est-elle importante dans l’andropause ?

La sexualité occupe une place particulière dans cette période de la vie.

Une diminution du désir peut être difficile à reconnaître. Certains hommes peuvent avoir l’impression de « ne plus être comme avant ». D’autres peuvent avoir peur d’en parler par crainte de perdre leur image de virilité. Les troubles de l’érection peuvent également être vécus comme une atteinte de la masculinité.

Pourtant, une modification du désir ou des érections n’est pas une fatalité à laquelle il faudrait simplement se résigner avec l’âge.

Un changement durable mérite d’être exploré.

Parler de sexualité avec un professionnel permet aussi de ne pas réduire la situation à la seule testostérone. La santé sexuelle est influencée par de nombreux facteurs physiques, psychologiques, relationnels et environnementaux.

L’andropause provoque-t-elle forcément des troubles de l’érection ?

Les érections peuvent évoluer avec l’âge pour différentes raisons. Une baisse de la testostérone peut participer à certaines difficultés sexuelles, mais elle n’est pas la seule explication possible. Les troubles de l’érection peuvent également être associés à des problèmes cardiovasculaires, métaboliques, neurologiques ou psychologiques, ainsi qu’à certains traitements.

C’est pourquoi une difficulté érectile persistante mérite une véritable évaluation médicale plutôt qu’une conclusion rapide du type : « C’est l’andropause. »

Peut-on traiter un déficit en testostérone ?

Lorsqu’un déficit en testostérone est réellement diagnostiqué, une prise en charge peut être envisagée selon sa cause, les symptômes et la situation médicale de l’homme. Le traitement hormonal substitutif par testostérone n’est cependant pas destiné à tous les hommes qui vieillissent et constatent une baisse d’énergie ou de désir.

Il nécessite une évaluation médicale préalable, car la testostérone peut avoir des effets indésirables et certaines situations nécessitent une vigilance particulière.

L’objectif n’est donc pas de « rajeunir » artificiellement un homme, mais de prendre en charge un éventuel déficit lorsqu’il est réellement présent et qu’un traitement est médicalement justifié.

Comment en parler à son conjoint ?

C’est peut-être la partie la plus délicate.
Si vous pensez que votre mari est concerné, évitez de lui annoncer : « Je crois que tu fais une andropause. » Vous risquez surtout de fermer la conversation.

Vous pouvez plutôt partir de ce que vous avez observé ou de ce qu’il vous a lui-même confié.

« Tu sembles plus fatigué en ce moment, tu as remarqué un changement ? »

Ou encore :

« Tu m’as dit que tu avais moins envie ces derniers temps. Est-ce que tu voudrais en parler à ton médecin ? »

L’objectif n’est pas de poser un diagnostic à sa place. Il s’agit simplement de lui permettre de mettre des mots sur ce qu’il ressent et, s’il le souhaite, de chercher une explication.

Et surtout, vous n’allez pas attendre la sortie de mon roman graphique pour en parler avec lui.

Alors, mon mari fait-il une andropause ?

Impossible de le savoir à partir de quelques symptômes. La diminution de la testostérone liée à l’âge existe, mais elle n’est ni brutale ni systématique chez tous les hommes.

Si votre conjoint présente plusieurs symptômes persistants, notamment une baisse de libido, une fatigue inhabituelle, une diminution de la force ou des difficultés érectiles, il peut être pertinent qu’il en parle à son médecin.

Le questionnaire ADAM peut éventuellement servir de point de départ à cette discussion. Mais un questionnaire ne remplace jamais une consultation médicale ni un bilan adapté.

La bonne question n’est donc peut-être pas : « Est-ce l’andropause ? » C’est plutôt : « Qu’est-ce qui explique les changements que cet homme ressent aujourd’hui ? »

Et c’est précisément ce que permet une consultation : chercher, plutôt que supposer.

Mon roman graphique sur l’andropause

Je travaille actuellement à la réalisation d’un roman graphique consacré à l’andropause.

L’objectif est notamment de rendre ce sujet plus accessible et de donner une place à la parole des hommes qui vivent ces changements.

Je recherche toujours des témoignages.

Si vous êtes concerné, si vous accompagnez votre conjoint ou si vous avez vécu des changements liés à cette période de votre vie, vous pouvez me contacter pour me raconter votre expérience.
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FAQ : andropause et ménopause

L’andropause est-elle l’équivalent de la ménopause ?

Non. La ménopause correspond à une étape physiologique liée à l’arrêt de la fonction ovarienne. Chez l’homme, la diminution de la testostérone est progressive et tous les hommes ne présentent pas de déficit hormonal symptomatique.

Il n’existe pas d’âge précis. La production de testostérone peut diminuer progressivement avec l’âge, mais cette évolution varie fortement d’un homme à l’autre.

Une baisse de libido, une fatigue inhabituelle, une diminution de la force ou de l’énergie, des changements de l’humeur ou certaines difficultés sexuelles peuvent être observés. Ces symptômes ont cependant de nombreuses autres causes possibles.

Le diagnostic ne repose pas uniquement sur les symptômes. Il nécessite une évaluation médicale et, lorsque cela est indiqué, des dosages sanguins de testostérone.

Non. Contrairement à la ménopause, la diminution de la testostérone n’entraîne pas systématiquement un syndrome clinique chez tous les hommes.

Oui, lorsqu’un déficit est réellement diagnostiqué et qu’un traitement est médicalement indiqué. Un traitement par testostérone nécessite une évaluation et un suivi médical.

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