Grossophobie : Corps, normes et injonctions

Corps, normes et injonctions : quand le physique semble tout décider

 

J’ai des formes, beaucoup de formes, et je pense que je resterai célibataire toute ma vie. Je pourrais faire un régime, mais c’est plus compliqué que ça, et je dois reconnaître que je ne veux pas non plus renier qui je suis. 

Vous avez des cas comme le mien ?

La réponse idéale serait simple, rassurante, presque militante :
     Votre corps est légitime.
     Votre valeur ne dépend pas de votre apparence.
     Personne n’a à juger votre physique.

Et tout cela est vrai.
Mais ce serait incomplet.

Une réalité sociale qu’on ne peut pas nier

Nous vivons dans une société qui continue de trier, de hiérarchiser, de discriminer.
Le physique en fait partie. Comme le genre, l’orientation sexuelle, le validisme, la couleur de peau, la religion, la langue ou encore le capital économique.

Cela signifie une chose très concrète :
      Certaines personnes auront plus de facilité à rencontrer que d’autres.
      D’autres devront composer avec des obstacles supplémentaires.

Dire cela, ce n’est pas renoncer à l’espoir.
C’est refuser le déni.

Et pourtant… ce que je vois en cabinet raconte autre chose

Dans mon cabinet de sexologie, la réalité est souvent plus nuancée que les discours dominants.

Des personnes avec des corps hors normes rencontrent, aiment, sont désirées.
Des couples se forment, parfois grâce à ce qui est perçu comme une différence.
Et, inversement, certaines personnes cumulant de nombreux privilèges restent célibataires, longtemps, douloureusement.

Pourquoi ?
Parce que les goûts existent, et qu’ils sont multiples.

J’ai reçu des patient·e·s qui confiaient, parfois avec pudeur, parfois avec honte, préférer les corps plus ronds, plus forts, plus enveloppants.
D’autres pour qui le corps du ou de la partenaire n’est tout simplement pas un critère central.

La grossophobie existe… mais elle ne dit pas tout

Oui, la société peut être grossophobe.
Oui, cela impacte l’estime de soi, les rencontres, la manière de se montrer ou de se cacher.
C’est injuste !

Mais cette injustice n’est pas une fatalité individuelle, même si elle est collective.

Il existe aujourd’hui des combats visibles, des voix, des récits qui fissurent les normes.
Des espaces où les corps sont pensés autrement que comme des problèmes à corriger.

« Est-ce que vous avez des cas comme le mien ? »

Oui.
Tous ceux de la liste.

Et la question suivante est tout aussi importante :
Est-ce qu’ils et elles s’en sortent ?

La réponse est oui.
Pas toujours facilement.
Pas sans blessures.
Mais oui.

Ce que j’aimerais que vous reteniez

     Votre situation est injuste.
     Elle est réelle.
     Elle mérite d’être nommée.

Mais elle n’est pas une condamnation.
Votre corps n’est pas une erreur.
Et le désir ne se résume jamais aux standards dominants.

FAQ

Est-ce plus difficile de trouver l’amour quand on est gros·se ?

Oui, dans une société grossophobe, certaines personnes rencontrent plus d’obstacles. Mais cela ne signifie ni impossibilité, ni absence de désir ou d’amour.

Non. Les critères sont sociaux, culturels et individuels. Ils varient énormément selon les personnes.

Oui. Le désir n’est pas universel ni standardisé. Il est pluriel, subjectif et parfois inattendu.

Oui, notamment pour travailler l’estime de soi, les croyances intériorisées et la manière de se positionner dans la rencontre.

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