Pourquoi une rubrique sexo dans le GHI ?

Du passé à aujourd’hui

Depuis juillet 2022, j’ai l’honneur de reprendre la rubrique sexo du GHI. Certains peuvent se demander : « Pourquoi une rubrique dédiée à la sexualité dans un hebdomadaire généraliste ? »
La réponse est profonde : parce que la santé sexuelle — intime, relationnelle, médicale — mérite d’être visible, comprise, accompagnée sans tabou.
Elle mérite un espace de parole sérieux, inclusif, accessible.

Mon engagement s’inscrit dans une continuité. Avant moi, cette mission essentielle était tenue par Juliette Buffat — psychiatre-psychothérapeute FMH, sexologue — jusqu’en 2017.

Elle a marqué le paysage romand en rendant la sexualité visible, en la démystifiant, en popularisant le dialogue à travers des chroniques, des interventions médiatiques, et les fameux Cafés Sexos — des rencontres ouvertes au public pour parler de désir, d’amour, d’orientation, de questions intimes, sans jugement.

C’est donc avec humilité que je reprends ce flambeau, avec l’objectif de prolonger ce travail : combiner expertise, proximité et inclusivité, afin de contribuer à une santé sexuelle comprise comme un droit — individuel et collectif.

L’histoire des rubriques sexo (1970–1980 → aujourd’hui)

À l’origine : l’éducation et la libération de la parole

Dans les années 1970–80, des rubriques sexo émergent dans des journaux grand public ou féminins. Elles répondent à un besoin fort : informer, déculpabiliser, démystifier la sexualité, révéler la pluralité des désirs, des orientations, des expériences.

Elles deviennent des espaces d’éducation informelle, de transmission de savoir, de soutien moral et psychologique.

L’apport des professionnel·le·s : vers l’expertise

Peu à peu, ces rubriques s’ouvrent à des acteurs formés : sexologues, psychiatres, psychologues, journalistes spécialisés.
Grâce à eux, les sujets de dysfonctions, de santé sexuelle, de troubles, de bien-être intime peuvent être abordés avec rigueur, nuance et responsabilité.

Mutation nécessaire : entre sérieux et proximité

Avec l’évolution des moeurs, des droits, des consciences, les rubriques sexuelles ont dû se transformer.
Le défi : rester claire, scientifique lorsque c’est nécessaire ; rester humaine, accessible, inclusive toujours.
Abandonner le jargon, employer un langage compréhensible, accueillir toutes les identités, tous les vécus — voilà la nouvelle exigence.

Pourquoi le GHI continue ce travail

La sexualité comme enjeu de société local

Un hebdo comme le GHI, en diffusant une rubrique sexo, reconnaît publiquement que la sexualité n’est pas un tabou discret, mais une dimension essentielle de la santé, du bien-être, de l’équilibre social.
C’est un acte fort de visibilité, de reconnaissance, d’engagement.

Un pont entre l’expertise et le grand public

La rubrique touche un lectorat large et varié — pas uniquement celles et ceux qui cherchent de l’aide. Elle permet de poser des questions, de réfléchir, de dédramatiser, de normaliser des expériences variées.
Elle invite à une écoute collective et personnelle.

Mon approche aujourd’hui : entre héritage et renouvellement

Mon ambition est d’apporter trois piliers à la rubrique :

  • Expertise : appuyer mes réflexions sur des connaissances validées, des recherches, des outils de sexologie ou de psychologie.

  • Proximité et humanité : écrire comme je parlerais, sans jargon inutile, avec bienveillance, humilité et clarté.

  • Inclusivité : accueillir toutes les sexualités, tous les genres, tous les questionnements — sans jugement, sans exclusion.

Ainsi, la rubrique se veut un espace d’information, de réflexion, parfois d’émotion, mais toujours de respect.

Questions fréquentes

Pourquoi une rubrique sexe dans un journal généraliste ?

Parce que la santé sexuelle concerne tout le monde — pas seulement ceux ou celles qui ont des problèmes. Elle touche la santé, la vie relationnelle, l’épanouissement, l’éducation.

Ces rubriques ne s’adressent qu’à des personnes en souffrance ?

Non. Elles visent toutes les personnes — curieuses, en question, en quête de compréhension, ou simplement désireuses d’informer, d’apprendre.

Pourquoi un·e sexologue ou un·e thérapeute pour en parler ?

Parce que certains sujets (santé, dysfonction, orientation, consentement) nécessitent compétence, rigueur et posture éthique.

Quelle différence entre information, éducation et expertise ?

  • Information / éducation : donner des repères, des connaissances, lever les tabous.

  • Expertise : accompagner, conseiller, proposer des pistes pour des situations individualisées, médicales ou psychologiques.

Quelle tonalité pour que ces rubriques restent accessibles ?

Un langage simple, clair, sans mépris, sans sensationnalisme ; une approche inclusive, respectueuse, humaine.

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