Peut-on arrêter le Viagra ?

Viagra en cachette dans le couple : Peut-on arrêter ? (2/2)

« Y., 59 ans, en couple depuis 10 ans.
Je prends du Viagra en cachette de mon 
épouse.
Pourrai-je un jour m’en passer ?
.»

La semaine dernière, la question de Y., 59 ans, ouvrait un sujet rarement abordé frontalement : la prise de Viagra en cachette dans le couple.

Aujourd’hui, la question posée est plus directe : peut-on s’en passer ?

La réponse ne se limite ni à un oui, ni à un non. Elle dépend du corps, du vécu, et surtout de ce que le comprimé est devenu dans la tête de la personne qui l’utilise.

Viagra : arrêt possible, mais pas toujours “simple”

Sur le plan strictement médical, il est important de rappeler un point essentiel :

– le sildénafil (principe actif du Viagra) n’est pas un traitement continu
–  il n’entraîne pas de dépendance physique
–  il peut être arrêté sans syndrome de manque

Autrement dit, il n’existe pas de “sevrage” au sens classique du terme.
Mais cette information, à elle seule, ne raconte pas toute l’histoire.

Quand le corps s’habitue… sans dépendance biologique

Dans certaines situations, ce qui s’installe n’est pas une dépendance chimique, mais une dépendance psychologique.

Cela peut prendre la forme de :

  • la peur de ne pas “réussir sans
  • une anticipation de l’échec
  • une pression de performance accrue
  • une focalisation excessive sur l’érection elle-même

Et paradoxalement, plus la pression augmente, plus le corps peut répondre avec des difficultés érectiles.

Un cercle bien connu en sexologie : moins de confiance → plus de contrôle mental → moins de spontanéité → difficulté érectile.

S’en passer : une question de transition, pas de rupture

Dans la plupart des parcours, il ne s’agit pas d’un arrêt brutal, mais d’un ajustement progressif.

Certaines pistes fréquemment évoquées en accompagnement sexologique :

  • espacer les prises
  • alterner les rapports avec et sans traitement
  • remettre l’attention sur les sensations corporelles
  • sortir de la logique de “performance”

Ce n’est pas une recette. C’est un déplacement progressif du centre de gravité : de l’érection vers le vécu sensoriel.

Ce que le comprimé représente parfois dans le couple

Le Viagra n’est pas toujours seulement un médicament.

Dans certains couples, il devient :

  • un symbole de sécurité
  • un objet secret
  • un élément de tension ou de malentendu
  • ou au contraire un facilitateur de complicité

C’est pourquoi la question du “s’en passer” ne concerne pas uniquement l’individu, mais parfois aussi la dynamique relationnelle.

FAQ

Peut-on arrêter le viagra du jour au lendemain ?

Oui, il n’y a pas de dépendance physique au sildénafil.

Pas nécessairement. Les causes des troubles érectiles sont multiples et souvent réversibles ou modulables.

Oui, très fortement. La peur de l’échec est un facteur majeur dans les difficultés érectiles.

Oui, notamment pour travailler la pression de performance et le rapport au corps.

Ce sujet résonne avec votre histoire ou vos questionnements ?

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Norah-Lounas-sexologue-Genêve

Une question plus large que le médicament

Derrière la question de Y., il y a peut-être une interrogation plus vaste :

Qu’est-ce qui soutient la sexualité d’un couple quand la performance n’est plus au centre ?

Parfois, la réponse ne se trouve ni dans l’arrêt ni dans la poursuite du traitement, mais dans la manière de réapprendre à être dans l’intimité.

Point Cul-ture G

Le sildénafil est une molécule vasodilatatrice. Elle agit en facilitant l’afflux sanguin dans les corps caverneux du pénis lors d’une stimulation sexuelle. Elle ne déclenche pas d’érection spontanée et nécessite une excitation préalable.

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