Cartes d'été 9/9 : Fantasmes secrets, Syndrome du bébé secoué et "laisser-aller"
«Les premières semaines après une naissance bouleversent profondément la vie d’un couple. Entre la découverte de la parentalité, la fatigue, les émotions et les changements dans la sexualité, de nombreuses questions émergent.»
Dans ce dernier épisode des Cartes d’été, je poursuis mon exploration du jeu Les Baleines Bleues. Comme chaque semaine, trois illustrations servent de point de départ pour réfléchir à la grossesse, au postpartum, aux relations affectives et à la sexualité.
Cette ultime sélection aborde trois thèmes très différents. D’abord, la place des fantasmes dans la vie sexuelle. Ensuite, la prévention du syndrome du bébé secoué. Enfin, la consultation contraceptive après une naissance.
Les fantasmes font partie de la sexualité
La première carte s’intitule « Les fantasmes ».
On y découvre un couple nu, face à face. Les deux partenaires se regardent avec tendresse. L’ambiance est douce. On retrouve d’ailleurs des éléments déjà présents dans d’autres cartes, comme l’encens ou une atmosphère propice à l’intimité.
Pourtant, les bulles au-dessus de leurs têtes racontent une autre histoire.
L’homme imagine deux femmes vivant une scène intime.
La femme, quant à elle, imagine une situation impliquant deux hommes.
Ces pensées restent personnelles. Elles ne sont pas exprimées à voix haute.
C’est précisément ce qui rend cette illustration intéressante.
Les fantasmes ne sont pas forcément des projets ou des envies à réaliser. Ils peuvent simplement nourrir l’imaginaire érotique et participer à l’excitation sexuelle.
Ils appartiennent à l’espace intime de chacun·e.
Cette carte rappelle qu’un fantasme n’est ni une obligation, ni un engagement, ni une réalité.
Il constitue simplement l’une des nombreuses dimensions de la vie sexuelle.
J’ai d’ailleurs consacré un épisode entier de Parlons Cul-ture à cette question, tant les fantasmes sont souvent entourés d’idées reçues.
« Episode 8 : Moteur, fantasme, actions »
Le syndrome du bébé secoué : une urgence médicale à connaître
La deuxième carte est beaucoup plus difficile.
Elle représente un homme dans une chambre d’enfant.
Le bébé pleure.
Pendant longtemps, j’avais interprété cette illustration comme celle d’un parent épuisé ou agacé.
Puis, au cours d’une formation, une participante m’a fait remarquer un détail essentiel.
L’homme est en train de secouer le nourrisson.
Cette carte illustre donc le syndrome du bébé secoué, une forme particulièrement grave de maltraitance infantile.
Pourquoi un bébé est-il si vulnérable ?
Le corps d’un nourrisson est encore en plein développement.
Sa tête est proportionnellement très lourde.
Ses muscles cervicaux sont peu développés.
Son cerveau reste particulièrement fragile.
Lorsqu’un bébé est secoué violemment, son cerveau se déplace à l’intérieur de la boîte crânienne. Cela peut provoquer des lésions graves, parfois irréversibles.
Les conséquences peuvent être extrêmement importantes.
Certain·es enfants gardent des séquelles neurologiques, motrices ou cognitives. Dans les situations les plus graves, le syndrome du bébé secoué peut entraîner le décès.
Les pleurs d’un nourrisson peuvent mettre les adultes en difficulté
Cette carte rappelle également une autre réalité.
Entre les premières semaines et les premiers mois de vie, les nourrissons connaissent souvent des périodes de pleurs intenses.
Ces pleurs peuvent durer longtemps.
Ils surviennent parfois sans cause immédiatement identifiable.
Même lorsqu’un bébé est changé, nourri et réconforté, il peut continuer à pleurer.
Cette situation est extrêmement éprouvante.
Les parents, les proches ou toute personne qui s’occupe d’un bébé peuvent ressentir de la fatigue, de l’impuissance ou de la frustration.
Reconnaître ces émotions est important.
En revanche, secouer un bébé ne constitue jamais une solution.
Que faire lorsque les pleurs deviennent insupportables ?
Lorsqu’un adulte sent la tension monter, plusieurs attitudes permettent de protéger l’enfant.
Il est préférable de :
- coucher le bébé en sécurité dans son lit ;
- quitter la pièce quelques minutes si nécessaire ;
- respirer profondément ;
- demander de l’aide à un proche ou à un professionnel.
Cette prévention est essentielle.
Le syndrome du bébé secoué reste la première cause de traumatisme crânien infligé chez le nourrisson.
En parler permet déjà de mieux le prévenir.
La contraception après l’accouchement : un sujet important, mais pas le seul
La troisième carte montre une jeune mère en consultation avec sa gynécologue.
Toutes deux échangent avec le sourire.
La professionnelle présente plusieurs moyens de contraception. On distingue notamment le stérilet, l’implant, l’anneau vaginal, le diaphragme, la pilule et les préservatifs.
L’illustration renvoie à une consultation qui semble bienveillante et propice au dialogue.
Cette carte est clairement positive.
En effet, pouvoir choisir sa contraception est essentiel. Encore faut-il que cette décision respecte le rythme et les besoins de chaque personne.
Reprendre une contraception ne signifie pas reprendre immédiatement une sexualité
Cette illustration fait également écho à une réflexion que j’aborde dans mon podcast consacré à la sexualité postpartum.
(Episode #6 : Le post-partum badabum)
Très souvent, la consultation après l’accouchement met rapidement l’accent sur la contraception.
Bien sûr, cette question est importante.
Cependant, elle peut parfois laisser entendre que la reprise des rapports sexuels est imminente ou attendue.
Or, chaque personne avance à son propre rythme.
Après un accouchement, certaines femmes ressentent rapidement l’envie de retrouver une intimité sexuelle.
D’autres auront besoin de davantage de temps.
Le corps, les émotions, la fatigue ou encore le vécu de l’accouchement peuvent influencer cette reprise.
Il n’existe donc aucun calendrier universel.
La sexualité ne se résume pas à la pénétration ni à la contraception.
Elle peut aussi passer par les caresses, la tendresse, les massages, les mots ou la redécouverte progressive du corps.
Les Baleines Bleues : un formidable outil pour ouvrir le dialogue
En refermant cette série estivale, je réalise à quel point ce jeu est riche.
Certaines cartes abordent l’épisiotomie.
D’autres évoquent la prématurité, la charge mentale, le sport après la naissance, le périnée ou encore les violences au sein du couple.
Le jeu traite également de pratiques sexuelles, du libertinage, du BDSM ou des différentes formes de contraception.
Chaque illustration ouvre une discussion différente.
C’est précisément ce qui en fait un excellent support de prévention, de formation et d’accompagnement.
Après de nombreuses années d’utilisation, je continue d’y découvrir de nouveaux détails.
Les personnages reviennent d’une carte à l’autre.
Les histoires se croisent.
Les interprétations évoluent également selon les publics rencontrés.
Finalement, ces cartes rappellent qu’il n’existe jamais une seule manière de vivre la grossesse, la parentalité ou la sexualité.
Chaque histoire est unique.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un fantasme sexuel ?
Un fantasme est une représentation mentale qui participe à l’imaginaire érotique. Il ne correspond pas forcément à un désir de réaliser la scène imaginée.
Qu'est-ce que le syndrome du bébé secoué ?
Le syndrome du bébé secoué est une forme grave de maltraitance. Il survient lorsqu’un nourrisson est secoué violemment, provoquant des lésions cérébrales pouvant entraîner des séquelles importantes, voire le décès.
Que faire lorsqu'un bébé pleure sans arrêt ?
Si la fatigue ou l’énervement deviennent trop importants, il est recommandé de coucher le bébé en sécurité, de s’éloigner quelques minutes et de demander de l’aide si nécessaire. Il ne faut jamais secouer un nourrisson.
Pourquoi parler de contraception après un accouchement ?
La consultation postnatale permet d’informer les femmes sur les différentes méthodes contraceptives. Toutefois, le choix d’une contraception doit respecter le rythme, les besoins et les souhaits de chaque personne.
Ces sujets résonnent avec votre histoire ou vos questionnements ?
N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une consultation individuelle et trouver un espace pour parler en toute sécurité.