Cartes d'été 4/9 : Pilosité, VSS et Savoir-faire
«Pour ce quatrième épisode des Cartes d’été, je poursuis mon exploration du jeu Les Baleines Bleues. Comme les semaines précédentes, j’ai sélectionné trois cartes qui invitent à réfléchir à la grossesse, à la parentalité et aux relations affectives..»
Cette fois-ci, les thèmes sont très différents. Pourtant, ils ont un point commun : ils questionnent les normes et les attentes qui entourent la vie de couple et la famille.
Nous allons parler de pilosité féminine, de violences conjugales pendant la grossesse et de la place des pères dans les soins apportés aux enfants.
Pilosité féminine : entre choix personnel et pressions sociales
La première carte s’intitule « Séduction et pilosité ».
On y voit quatre femmes nues dans ce qui ressemble à un sauna. Toutes sourient. Cependant, chacune présente une pilosité pubienne différente.
L’une conserve tous ses poils. Une autre arbore un « ticket de métro ». Une troisième a choisi une forme en cœur. Enfin, la dernière présente une pilosité particulièrement abondante.
J’ai choisi cette carte comme positive. D’abord parce que les personnages semblent à l’aise. Ensuite parce qu’elle représente une diversité rarement visible dans les médias.
Au fil des années, j’ai souvent abordé cette question lors d’interventions auprès de jeunes, de professionnel·les ou encore de sages-femmes. À chaque fois, les échanges sont riches et parfois passionnés.
Certaines personnes considèrent que les poils sont naturels et utiles. D’autres préfèrent les enlever pour des raisons esthétiques ou pratiques. D’autres encore voient dans l’épilation une injonction sociale ou patriarcale.
Pour ma part, ce qui m’intéresse est ailleurs.
L’essentiel est de pouvoir choisir librement.
Certaines femmes souhaitent conserver leurs poils. D’autres préfèrent les retirer. Certaines alternent selon les périodes de leur vie. Toutes ces décisions méritent le même respect.
Par ailleurs, il existe encore de nombreuses idées reçues. L’une des plus fréquentes concerne l’hygiène.
Pourtant, un poil propre reste un poil propre. À l’inverse, l’absence de poils ne garantit pas une meilleure hygiène.
Cette carte rappelle finalement que le corps appartient à la personne qui l’habite. C’est sans doute ce qui la rend particulièrement intéressante.
Violences conjugales et grossesse : une réalité à ne pas ignorer
La deuxième carte porte explicitement le titre « Violence conjugale ».
La scène est difficile à regarder. Un homme est assis devant la télévision. Sa compagne enceinte se trouve au sol. Son œil est marqué par un hématome et son expression traduit une grande détresse.
Cette carte rappelle une réalité importante : la grossesse peut parfois constituer un facteur déclencheur ou aggravant dans certaines situations de violences conjugales.
C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreux professionnel·les abordent aujourd’hui cette question lors du suivi de grossesse.
Cependant, poser une question générale sur le couple ne suffit pas toujours.
Il me semble essentiel de nommer clairement les différentes formes de violences. Les violences physiques sont souvent les plus visibles. Pourtant, elles ne sont pas les seules.
Les violences psychologiques, verbales ou économiques peuvent également avoir des conséquences importantes sur les personnes qui les subissent.
En observant la carte, on remarque plusieurs détails. Une table a été renversée et des objets sont tombés au sol. À la télévision, une scène à caractère sexuel est diffusée.
Peut-être que cette illustration suggère un conflit autour de la sexualité. Toutefois, ce n’est qu’une interprétation parmi d’autres.
Ce qui apparaît clairement, en revanche, c’est la nécessité de parler des violences et de ne pas les banaliser.
Changer une couche : apprendre à devenir parent ensemble
La troisième carte montre un père en train de changer son bébé.
L’enfant bouge beaucoup. Pendant ce temps, la mère semble lui crier dessus.
J’ai choisi cette carte comme ambivalente parce qu’elle peut être interprétée de plusieurs façons.
D’un côté, certaines personnes pourraient penser que le père ne s’investit pas suffisamment ou qu’il ne sait pas comment s’y prendre.
De l’autre, il est possible qu’il fasse simplement de son mieux et que la mère ait du mal à lui laisser de la place.
C’est précisément ce qui rend cette carte intéressante.
Personne ne naît en sachant changer une couche. Les mères l’apprennent. Les pères aussi.
Pourtant, il existe encore l’idée selon laquelle les femmes posséderaient naturellement certaines compétences parentales. Cette croyance reste très présente dans notre société.
Cette illustration fait également réfléchir à la place accordée aux pères dès la naissance de l’enfant.
Les congés de maternité et de paternité jouent un rôle important. Ils permettent notamment aux deux parents d’apprendre ensemble les gestes du quotidien et de construire leur propre manière de prendre soin d’un bébé.
Ce que ces cartes nous apprennent sur les normes sociales
À première vue, ces trois cartes semblent parler de sujets très différents.
Pourtant, elles posent une question commune : qui décide ?
Qui décide de la manière dont une femme doit gérer sa pilosité ?
De ce qui est acceptable dans une relation de couple ?
Qui décide de la façon dont les rôles parentaux doivent être répartis ?
Le jeu Les Baleines Bleues n’apporte pas de réponse unique. En revanche, il permet d’ouvrir le dialogue et de questionner certaines évidences.
C’est aussi pour cette raison que j’apprécie autant cet outil.
Questions fréquentes
La grossesse peut-elle augmenter le risque de violences conjugales ?
Oui. La grossesse peut constituer une période de vulnérabilité et certaines situations de violences apparaissent ou s’aggravent à ce moment-là.
Pourquoi les professionnel·les de santé parlent-ils des violences conjugales pendant le suivi de grossesse ?
Parce qu’il est important d’identifier rapidement les situations à risque afin d’orienter les personnes concernées vers un accompagnement adapté.
Les poils pubiens ont-ils une fonction ?
Les poils pubiens font naturellement partie du corps humain. Chaque personne reste libre de les conserver ou de les enlever selon ses préférences.
Est-il plus hygiénique de s'épiler ?
L’absence de poils n’est pas synonyme d’une meilleure hygiène. L’hygiène dépend avant tout des habitudes de soin et de nettoyage.
Les pères savent-ils naturellement s'occuper d'un bébé ?
Comme les mères, les pères apprennent progressivement les gestes liés aux soins et à l’accompagnement de leur enfant.
Pourquoi parler de coparentalité dès la naissance ?
Parce que les premiers mois de vie de l’enfant participent à la construction des habitudes familiales et à la répartition des responsabilités parentales.
Ces sujets résonnent avec votre histoire ou vos questionnements ?
N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une consultation individuelle et trouver un espace pour parler en toute sécurité.