Mutilations sexuelles féminines

Les mutilations sexuelles féminines

« Mon clitoris m’a été arraché, je n’ai jamais eu d’orgasme. Est-ce que cela a un lien ?. »

La question est directe. Elle est aussi profondément intime.

Et derrière elle, une réalité qui concerne des millions de femmes dans le monde : les mutilations sexuelles féminines.

Les mutilations sexuelles féminines : de quoi parle-t-on ?

Chaque année, 2 à 3 millions de fillettes et de jeunes femmes subissent une mutilation sexuelle.

Selon Organisation mondiale de la santé, elles regroupent :

« toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales ».

Ces pratiques sont aujourd’hui quasi interdites dans la majorité des pays, mais elles persistent.

Des conséquences multiples, à tous les niveaux

Les conséquences ne se limitent pas à l’acte lui-même.

Elles peuvent être :

  • physiques (notamment urogénitales)
  • psychologiques, avec des manifestations pouvant relever de l’état de stress post-traumatique
  • sociales
  • psychosexuelles

Ces dimensions s’entremêlent. Elles ne peuvent pas être dissociées.

Sexualité et excision : des troubles fréquents

Les troubles de la sexualité sont la complication la plus fréquente.

Ils concernent environ 70 % des femmes excisées.

Ils peuvent toucher :

  • le désir
  • le plaisir
  • la capacité orgasmique

La douleur est également un symptôme souvent présent, et la satisfaction sexuelle globale peut être diminuée.

L’absence d’orgasme : un lien possible, mais pas unique

À la question : “Est-ce que cela a un lien ?”
La réponse est nuancée.

Oui, les mutilations sexuelles peuvent impacter l’accès à l’orgasme.

Mais elles ne suffisent pas à expliquer, à elles seules, toutes les difficultés sexuelles.

Pourquoi ?

Parce que d’autres facteurs interviennent :

  • la dimension traumatique liée à l’acte
  • les violences associées ou vécues
  • les conséquences psychologiques

La sexualité ne se résume pas à l’anatomie. Elle est aussi liée à l’histoire, au vécu, au corps dans son ensemble.

Une dimension traumatique à ne pas minimiser

Au-delà des atteintes physiques, les mutilations sexuelles laissent une trace.

Cette dimension traumatique peut influencer :

  • le rapport au corps
  • le rapport à l’intimité
  • le vécu des relations sexuelles

Elle fait partie intégrante de la compréhension des troubles.

Existe-t-il des solutions ?

Depuis les années 1990, une technique de réparation chirurgicale a été développée.

Elle permet :

  • une restauration anatomique du clitoris
  • une amélioration des sensations clitoridiennes
  • un accès possible à l’orgasme
  • une diminution des douleurs lors des rapports
  • une satisfaction sur le plan esthétique et fonctionnel

Ces prises en charge existent dans des services spécialisés.

Vers qui se tourner ?

Des consultations dédiées aux mutilations génitales féminines existent.

Il est possible de se rapprocher de services spécialisés en gynécologie, notamment :

Ces structures proposent un accompagnement adapté.

FAQ

Peut-on avoir un orgasme après une excision ?

Oui, c’est possible, notamment grâce à une prise en charge adaptée, incluant parfois une réparation chirurgicale.

Non. Mais elle peut entraîner des troubles du plaisir, fréquents chez les femmes concernées.

Les causes sont multiples : atteinte anatomique, douleur, mais aussi dimension traumatique et psychologique.

Oui, elle peut améliorer les sensations clitoridiennes et favoriser l’accès à l’orgasme.

Non. Environ 70 % présentent des troubles, ce qui signifie que ce n’est pas systématique.

En parler reste essentiel

Derrière ces chiffres, il y a des vécus.

Des corps.
Des histoires.

Et parfois, des questions restées sans réponse pendant des années.

Les troubles sexuels ne sont pas une fatalité.
Mais ils méritent d’être entendus, compris et accompagnés.

Ce sujet résonne avec votre histoire ou vos questionnements ?

N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une consultation individuelle et trouver un espace pour parler en toute sécurité.

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Norah-Lounas-sexologue-Genêve

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