Saint-Valentin et non-monogamie consensuelle : quand l’amour ne se conjugue pas qu’à deux
Que pourrait-on encore écrire sur la Saint-Valentin qui n’ait pas déjà été dit ?
Chaque année, elle revient comme un marronnier médiatique : restaurants à la lumière tamisée, menus pour deux, bouquets de roses rouges, déclarations d’amour normées. Tout média qui se respecte en parle.
Moi aussi, je l’ai déjà fait — articles, podcasts, réflexions autour du couple et de l’amour romantique. A retrouver ici
Et puis, en scrollant sur LinkedIn, je tombe sur la publication d’un thérapeute belge proposant une formation sur le couple non exclusif. Un mot revient : non-monogamie consensuelle (NMC). Et une question surgit, presque naturellement :
Comment les couples non-monogames vivent-ils la Saint-Valentin ?
La non-monogamie consensuelle, de quoi parle-t-on ?
La non-monogamie consensuelle désigne des relations dans lesquelles les partenaires s’accordent, en toute transparence, sur la possibilité d’avoir plusieurs relations affectives et/ou sexuelles, simultanément.
Il ne s’agit pas :
d’infidélité cachée
d’adultère subi ou toléré malgré soi
de mensonge ou de double vie
La NMC repose sur :
la communication
la négociation
le consentement explicite
des règles co-construites
Elle peut prendre différentes formes : polyamour, relation ouverte, trouple, anarchie relationnelle… Il n’existe pas une non-monogamie, mais des non-monogamies.
La Saint-Valentin : une fête pensée pour deux
Quand arrive le 14 février, une chose saute aux yeux : tout est pensé pour le couple exclusif à deux.
Tables pour deux
Menus “spécial amoureux”
Coffrets cadeaux en duo
Discours centrés sur l’unique partenaire
Commercialement et symboliquement, la Saint-Valentin célèbre un modèle précis : le couple romantique, exclusif, monogame.
Alors une question se pose : où se situent les couples non-monogames dans ces représentations ?
Et quand l’amour est pluriel ?
Il est fort possible que nous ayons déjà :
dîné à côté d’un trouple sans le savoir
vu quelqu’un acheter deux bouquets en supposant à tort que l’un était destiné à sa mère
croisé des formes relationnelles qui sortent de la norme sans les identifier
Tout existe dans la réalité.
Mais presque rien n’existe dans l’imaginaire commercial de la Saint-Valentin pour ces configurations.
Je repense au film Apnée (2016), qui se termine par un mariage à trois.
Fiction ? Pas tant que ça.
Pourtant, aucun restaurant ne propose de table pour trois “spécial Saint-Valentin”. Aucun message publicitaire ne s’adresse explicitement aux couples NMC.
Comment les couples NMC vivent-ils la Saint-Valentin ?
Il n’existe pas de réponse unique. Comme pour les couples monogames, tout dépend des personnes.
Certain·es :
ne fêtent pas la Saint-Valentin
la célèbrent plusieurs fois, avec différents partenaires
choisissent une journée dédiée à l’amitié ou à l’amour sous toutes ses formes
préfèrent créer leurs propres rituels, hors calendrier commercial
La non-monogamie consensuelle invite souvent à déconstruire les injonctions, y compris celles liées aux fêtes symboliques.
Et si la Saint-Valentin était aussi la fête de l’amitié ?
On l’oublie souvent, mais historiquement, la Saint-Valentin n’a pas toujours été uniquement la fête du couple romantique. Elle peut aussi être :
une célébration du lien
de l’attachement
de l’amitié
des relations choisies
Dans cette perspective, les couples NMC ne sont pas “hors cadre” : ils élargissent simplement le cadre.
Ce que la non-monogamie nous apprend sur l’amour
La NMC questionne :
l’exclusivité comme preuve d’amour
la jalousie comme norme
l’idée qu’aimer plusieurs personnes serait aimer moins
Elle ne convient pas à tout le monde, et ce n’est pas un modèle supérieur.
Mais elle rappelle une chose essentielle : il existe plusieurs manières d’aimer, et aucune ne devrait être invisibilisée.
FAQ
Qu’est-ce que la non-monogamie consensuelle ?
Une relation où les partenaires acceptent et organisent, avec consentement, des relations multiples.
Est-ce la même chose que l’infidélité ?
Non. L’infidélité repose sur le secret. La NMC repose sur l’accord et la transparence.
Les couples non-monogames fêtent-ils la Saint-Valentin ?
Certains oui, d’autres non. Il n’existe pas de règle universelle.
La non-monogamie est-elle une mode ?
Elle est davantage visibilisée, mais existe depuis longtemps sous différentes formes culturelles et sociales.
Peut-on être heureux en non-monogamie ?
Comme dans toute relation, cela dépend des personnes, de la communication et du cadre posé.