Comment bien faire une fellation ?

Comment bien faire une fellation ? Le meilleur guide reste votre partenaire

«J’ai eu une mauvaise expérience avec mon copain, il n’a pas apprécié ma façon de lui faire une fellation.

Est-ce que les sexologues peuvent m’apprendre à mieux faire ou avez-vous un livre à me conseiller ?»

La question peut sembler appeler une réponse très technique. Quel geste faire ? Quelle technique utiliser ? Comment savoir si on « fait bien » une fellation ?

Pourtant, c’est justement cette idée de « bonne » technique qui me gêne.

En 25 ans de métier, je n’ai jamais appris à quelqu’un·e comment faire une « bonne » fellation.

Non pas qu’il n’existe pas de techniques ou de livres consacrés au sujet. Mais avant de chercher à savoir comment « bien faire », il me semble intéressant de se demander : bien pour qui ?

Existe-t-il une bonne façon de faire une fellation ?

Votre question m’amuse parce qu’en ce moment je regarde une série, Paris Police 1900, qui évoque la mort du président Félix Faure, en 1899.
La légende raconte qu’il aurait fait une attaque alors que sa maîtresse, Marguerite Steinheil, lui faisait une fellation. Cela lui valut ensuite le surnom de « Pompe funèbre ».
Disons que si cette histoire était vraie, voilà une fellation qui se serait vraiment mal terminée !

Plus sérieusement, cette anecdote permet surtout de revenir à la question initiale : existe-t-il une manière universelle de bien faire une fellation ?

Je ne le pense pas.

Ce qui procure beaucoup de plaisir à une personne peut laisser une autre parfaitement indifférente. Une sensation appréciée par l’un peut ne pas l’être par l’autre.
Il n’existe donc pas une technique sexuelle qui fonctionnerait de la même manière pour tout le monde.

Le plaisir sexuel n’est pas un mode d’emploi

Lorsque l’on cherche des conseils sur la sexualité, on trouve facilement des livres, des articles et des contenus qui expliquent comment « bien faire » telle ou telle pratique.

Cette recherche est compréhensible.

Après une mauvaise expérience, on peut avoir envie de savoir ce que l’on aurait dû faire différemment. On peut également craindre de décevoir son ou sa partenaire et chercher une méthode qui permettrait de ne plus se tromper.

Mais le problème est que le plaisir sexuel ne fonctionne pas comme un mode d’emploi.
Il n’existe pas une succession de gestes qui permettrait de garantir le plaisir de l’autre.
Parce que l’autre n’est pas un modèle standard.

Le meilleur guide reste votre partenaire

Si votre partenaire souhaite que vous sachiez davantage ce qui lui plaît, le meilleur guide reste donc votre partenaire.

Encore faut-il pouvoir se parler.

Votre partenaire doit pouvoir vous guider sans vous donner l’impression que vous passez un examen.
Et de votre côté, vous devez pouvoir entendre ses indications sans les recevoir comme la preuve que vous faites « mal ».

Cette nuance est importante.

Dire « j’aime davantage lorsque tu fais comme ceci » ne signifie pas nécessairement « tu ne sais pas faire ».
Cela peut simplement vouloir dire : « voilà ce qui me procure davantage de plaisir ».
La différence peut sembler minime. Elle change pourtant complètement la manière dont on peut vivre l’échange.

Quand le conseil sexuel devient une note à obtenir

Le risque, lorsque l’on cherche la « bonne » technique, est de transformer la sexualité en performance.

Il faudrait réussir une fellation.
Connaître les bons gestes.
Il faudrait savoir exactement quoi faire.
Et surtout, il faudrait parvenir à donner du plaisir à l’autre.

On retrouve alors une logique assez proche de celle que l’on peut rencontrer autour de la performance sexuelle : au lieu de vivre ce qui se passe, on cherche à atteindre un résultat.

La personne peut alors se retrouver à réfléchir pendant le rapport :

– Est-ce que je fais bien ? 
– Ca lui plaît ? 
– Est-ce que je dois faire autrement ? 
– Suis-je suffisamment doué·e ? 

Et plus on se concentre sur la réussite, plus il peut devenir difficile de simplement être à l’écoute de ce qui se passe.

Et si votre partenaire vous disait simplement ce qu’il aime ?

Cela paraît évident, mais nous parlons finalement assez peu de ce qui nous fait réellement plaisir.

Nous pouvons avoir des représentations très précises de ce qu’il faudrait faire en matière de sexualité, tout en connaissant finalement assez peu les préférences de la personne avec laquelle nous partageons notre intimité.

Or, votre partenaire est la personne qui connaît le mieux son propre plaisir.

Il peut donc vous dire ce qu’il aime, ce qu’il aime moins, ce qu’il souhaite découvrir ou ce qu’il préfère éviter.
Il peut également découvrir lui-même certaines choses au fil des expériences.

Parce que le plaisir n’est pas forcément quelque chose que l’on connaît parfaitement à l’avance.

Comment donner des indications sans blesser son ou sa partenaire ?

La communication sexuelle peut être délicate.

Dire à l’autre ce que l’on aime demande de pouvoir mettre des mots sur ses sensations et ses envies. Mais recevoir ces indications demande également de pouvoir les entendre sans les transformer immédiatement en jugement.

Il y a une différence entre :

« Tu fais mal. » et : « J’aime davantage quand tu fais comme ça. »

Dans le premier cas, la personne peut entendre une évaluation de sa capacité à donner du plaisir. Dans le second, elle reçoit une information sur le plaisir de son ou sa partenaire.

Cette distinction permet de sortir d’une logique de réussite ou d’échec.

Il ne s’agit plus de savoir qui sait faire et qui ne sait pas faire.
Il s’agit de trouver ensemble ce qui fonctionne pour les deux.

Faut-il acheter un livre pour apprendre à faire une fellation ?

Vous trouverez certainement des livres expliquant comment bien faire ceci ou cela.

Je les conseille peu.

Non pas qu’ils soient nécessairement inutiles ou qu’il n’existe aucune information intéressante sur la sexualité.
Mais ils risquent aussi de normaliser la sexualité et de transformer le plaisir en performance.
Or, apprendre une technique ne signifie pas nécessairement apprendre à connaître le plaisir de son ou sa partenaire.
Un livre peut expliquer une pratique.
Il ne peut pas connaître les sensations de la personne qui se trouve avec vous.

Pourquoi les conseils sexuels ne fonctionnent-ils pas de la même façon pour tout le monde ?

Parce que chaque personne est différente.

Ce qui procure beaucoup de plaisir à une personne peut laisser une autre parfaitement indifférente.
Une pratique peut être agréable un jour et moins appréciée à un autre moment. Une personne peut également préférer certaines façons de faire et en détester d’autres.

Il n’existe donc pas de recette universelle.

C’est justement pour cette raison que la sexualité ne peut pas être réduite à une liste de techniques.
Il faut pouvoir s’écouter. Écouter l’autre. Et ajuster.

La sexualité se construit à deux

La question n’est finalement peut-être pas : « Comment apprendre à mieux faire une fellation ? »

Elle pourrait plutôt être : « Comment apprendre à mieux connaître le plaisir de mon ou ma partenaire et à lui communiquer le mien ? »

Cela change beaucoup de choses.
Vous n’avez pas à réussir un examen.
Votre partenaire n’a pas à vous attribuer une note.
Vous pouvez essayer, ajuster, demander, répondre, recommencer ou changer.

Le plaisir peut ainsi devenir une découverte commune plutôt qu’une compétence à démontrer.

Chacun·e reste expert·e de son propre plaisir

En matière de sexualité, nous cherchons parfois beaucoup de réponses à l’extérieur.

Un livre, une vidéo, un article, une technique.

Pourtant, chacun·e reste finalement le meilleur expert de son propre plaisir.
Cela ne signifie pas que nous savons toujours exactement ce que nous aimons.
Cela signifie que personne ne peut mieux que nous ressentir ce qui nous plaît, ce qui nous déplaît ou ce dont nous avons envie.

Et lorsque deux personnes partagent leur sexualité, elles peuvent mettre ces connaissances en commun.

Vous devez pouvoir vous écouter. Votre partenaire aussi.

Puis trouver ensemble une manière de faire qui vous convienne à tous les deux.

les questions fréquentes sur la fellation et le plaisir sexuel

Comment bien faire une fellation ?

Il n’existe pas une technique universelle qui permette de « bien faire » une fellation pour tout le monde. Les préférences varient d’une personne à l’autre. Le meilleur moyen de savoir ce qui plaît à votre partenaire reste donc de pouvoir échanger avec elle ou lui.

Le plus simple est de pouvoir lui demander et de lui permettre de vous guider. Il peut vous indiquer ce qu’il apprécie davantage, à condition que ces indications soient échangées sans transformer le moment en examen.

Vous pouvez parler de ce que vous aimez, de ce que vous aimez moins et de ce que vous souhaitez essayer. Les indications peuvent être données pendant ou en dehors du rapport sexuel, selon ce qui vous permet à tous les deux de vous sentir à l’aise.

Parce que les sensations et les préférences sont individuelles. Ce qui plaît à une personne peut ne pas plaire à une autre. Le plaisir sexuel ne répond donc pas à une recette identique pour tout le monde.

Votre partenaire peut vous guider et vous indiquer ce qui lui plaît. Mais il ne s’agit pas nécessairement de suivre un mode d’emploi. La sexualité peut aussi être une découverte commune, dans laquelle chacun·e peut exprimer ses envies et ses sensations.

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